




J’affectionne ce vélo pour ce qu’il est, mais surtout pour ce qu’il représente : l’idéal du vélo entièrement français, et en plus en rose Poulidor. Il a ce mélange rare : parfait dans sa cohérence, et original par sa présence. On dirait qu’il porte, à lui seul, des années de vélo français et de victoires, un véritable grand classique, mais cette fois français.
Ce qui me plaît, c’est que rien n’est là pour faire le beau : tout est là parce que c’est juste, parce que c’est pensé, parce que ça marche. Le poste de pilotage Philippe, les freins Mafac à joints noirs, le boîtier de pédalier et le jeu de direction Stronglight avec encoche à ergot, le groupe Simplex SJ, avec, heureusement, le dérailleur avant non fissuré. La tige de selle et la selle estampillées Mercier, les pédales Kyokuto Top Run, et le pédalier Stronglight 99 ajouré: on est dans une composition homogène, fidèle à l’esprit du vélo.
Les roues aussi participent à cette sensation de “vrai” : Mavic Monthlery Pro sur moyeux Maillard 700. J’aime particulièrement ces moyeux pour leur fluidité, qui dépasse largement les Campagnolo, au point que je n’ai même pas eu à faire d’entretien. Le passage de vitesse est extrêmement souple, et les boyaux Vittoria Rally en 21 mm offrent un rendement tout à fait correct.
Ce vélo, je l’aime pour ses détails. Les gravures Mercier disséminées ici et là, la peinture magnifiquement conservée, et ces dérailleurs Simplex peu communs dans cet état. Il n’a pas beaucoup roulé, et ça se voit rien qu’à l’état de sa chaîne. Le cadre est un trois tubes 531 “Service Course” fait main : il est très confortable et fait un peu moins de 10 kg tel quel. Et le freinage des Mafac… ne déçoit jamais.
J’ai aussi remplacé gaines et câbles. La guidoline en coton blanc est superbe, mais il faut le dire : à l’usage, c’est très salissant.
Au fond, il n’a “rien de vraiment unique” au sens rareté absolue — et c’est justement ce que j’aime. C’est un concurrent tout à fait sérieux à un “Super”, sans le côté parfois trop bling-bling des pantographies à l’italienne. Le cadre est bien fini, l’ensemble du vélo est vraiment pensé pour être uni, et il fait tourner les têtes d’un public moins connaisseur… parce que le rose, il est vrai, est tellement iconique et beau sur un Mercier.
Vive Poulidor (et Van der Poel) !
