





C’est, sans hésiter, le vélo le plus original de ma collection. Non seulement il est artisanal, comme la grande majorité de mes vélos, mais en plus, il est presque unique, y compris dans ses périphériques. Rien ici ne cherche à impressionner par une étiquette prestigieuse : tout est affaire de cohérence, de choix, et d’un certain goût pour les pièces qu’on ne croise pas à chaque coin de rue.
Le cadre est en full Reynolds 531, avec de très beaux raccords et des extrémités chromées. Mais la chose la plus précieuse sur ce vélo, c’est sa peinture. Elle paraît entre le gris et le vert selon la lumière et ce n’est pas une “teinte catalogue”. En réalité, bien qu’elle soit d’origine, cette couleur si particulière a été obtenue grâce aux UV du soleil, qui l’a magnifiquement décolorée au fil du temps. Et c’est là que le vélo raconte quelque chose : à l’origine, comme le montrent les anciens emplacements des décals et les zones restées à l’ombre sous les gaines, il était violet.
Côté montage, on est dans une composition très personnelle, avec des pièces de qualité, parfois sous-estimées et souvent introuvables:
- Potence Atax et guidon Philippe
- Jeu de direction et BDP Ofmega
- Selle San Marco Concor
- Freins et leviers Gali GG76
- Jantes Mavic, avec boyaux Vittoria Rally 23 mm
- Pédalier Ofmega et pédales Dual Sprint
- Manettes de vitesse Guipiemme Retrofriction en Delrin
- Dérailleurs Gian Robert System
J’ai changé tous les câbles et toutes les gaines, et j’ai mis une guidoline en coton. Les cocottes Mafac, elles, sont restées telles que je l’ai trouvé, c’est un de ces détails qui donnent du vrai, et que je préfère conserver quand c’est cohérent avec l’histoire du vélo.
Au comportement, c’est un vélo très classique dans sa géométrie et sa façon de rouler : rien de piégeux, rien d’exagéré. Et pourtant, on entend presque jamais parler de ce montage “System” alors qu’ils sont d’une grande qualité et d’une grande fiabilité.
Ce modèle System utilise soit de l’alu en grande épaisseur, soit de l’acier chromé, ce qui rend le dérailleur rigide et beaucoup plus fiable (un peu plus lourd, forcément). J’aime beaucoup le look de ces dérailleurs : remarquons notamment les vis de butées intégrées dans le corps du dérailleur arrière. Et surtout, ces dérailleurs combinés aux manettes Retro friction donnent un ensemble excellent : précis et agréable.
C’est un vélo que je regarde plus que je ne l’utilise. Il représente exactement ma philosophie: artisanal, unique, composé “à l’italienne” sans une seule pièce de grande facture type Campagnolo. Il est tout sauf conventionnel même s’il reste très sain et très doux à rouler.
Il doit faire autour des 10 kg, mais il est assez rigide: tout se passe en douceur. Et je sais une chose : il restera encore de nombreuses années dans ma collection, parce que c’est typiquement le genre de vélo que je ne retrouverai jamais si je m’en séparais.
